“Mon enfant s’ennuie à l’école : que faire ?”
- Diane PAEZ LOIRET

- 25 janv.
- 2 min de lecture
« Il s’ennuie. »
C’est sans doute la phrase que j’entends le plus.
Un enfant qui dit que les journées sont longues.
Qui finit ses exercices trop vite… ou ne les commence même pas.
Qui décroche, regarde ailleurs, s’agite.
Ou au contraire, qui se replie et semble absent.
Et très vite, une inquiétude apparaît :
Est-ce qu’il est à haut potentiel ?
Est-ce qu’il n’est pas assez stimulé ?
Ou est-ce autre chose ?
L’ennui n’est pas anodin
On pourrait penser que s’ennuyer à l’école est banal. Après tout, qui ne s’est jamais ennuyé en classe ?
Mais lorsque l’ennui devient fréquent, massif, accompagné de démotivation ou de souffrance, il mérite qu’on s’y attarde.
Un enfant qui s’ennuie durablement peut :
Perdre confiance en lui
Développer une image négative de l’école
Devenir opposant
Se mettre en retrait
Voir ses résultats chuter
L’ennui n’est pas toujours un caprice. Il peut être un signal.
L’hypothèse du haut potentiel
Chez certains enfants, l’ennui est lié à une compréhension très rapide.
Ils anticipent les réponses.
Ils perçoivent les logiques avant les autres.
Ils ont besoin de complexité.
Quand la tâche ne les stimule pas, ils décrochent.
Mais attention :
Tous les enfants qui s’ennuient ne sont pas HPI.
L’ennui peut avoir d’autres origines.
L’ennui peut aussi cacher…
Je vois régulièrement des situations où l’ennui apparent masque autre chose :
Une anxiété importante
Une peur de l’échec
Une difficulté d’attention
Une fatigabilité cognitive
Un décalage entre compétences et exigences
Parfois, l’enfant dit qu’il s’ennuie alors qu’en réalité il ne comprend pas aussi bien qu’on le pense. Parfois, il s’ennuie parce qu’il n’ose pas s’engager.
Là encore, sans évaluation, on reste dans l’hypothèse.
Ce que j’observe au cabinet
Il y a des enfants qui s’ennuient parce qu’ils ont besoin de plus de profondeur.
Il y en a d’autres qui s’ennuient parce qu’ils ne trouvent pas leur place.
Et il y a ceux qui oscillent entre ennui et agitation, comme si leur énergie n’était pas canalisée.
Dans ces situations, un bilan psychométrique permet souvent d’y voir plus clair.
Il ne s’agit pas de prouver une précocité. Il s’agit de comprendre le fonctionnement réel de l’enfant.
Pourquoi un bilan peut aider
Un bilan permet de :
Mesurer le niveau de raisonnement
Identifier les écarts entre différentes compétences
Repérer une éventuelle hétérogénéité
Comprendre la vitesse de traitement
Évaluer la mémoire de travail
Il permet aussi de distinguer :
Un haut potentiel
Une fragilité attentionnelle
Une anxiété
Ou une combinaison de facteurs
Quand le profil est clarifié, les décisions deviennent plus adaptées.
Que faire concrètement ?
Avant de conclure trop vite, il est important :
D’échanger avec l’enseignant
D’observer dans quelles matières l’ennui apparaît
De comprendre si l’enfant peut se concentrer sur des activités qui le passionnent
De voir si l’ennui est constant ou variable
Si le doute persiste, un bilan peut apporter des réponses structurées et objectivées.
Ne pas laisser l’ennui s’installer
Un enfant qui s’ennuie durablement peut finir par se désengager.
Il peut aussi développer une image de lui-même faussée :
“Je suis paresseux.”
“Je ne fais rien.”
“Je n’aime pas l’école.”
Comprendre son fonctionnement permet d’éviter ces glissements.
Faire le choix d’y voir clair
Si votre enfant semble en décalage ou démotivé malgré des capacités évidentes, il peut être utile d’en parler et d’évaluer la situation.



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